h LSDreams - 04.3: Lévitation horizontale:(suite et fin)

   
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  04.3: Lévitation horizontale:
(suite et fin)
 


Lévitations

    Lévitation horizontale, (suite). 

 


Au-delà de la fenêtre latérale de droite, le réverbère qui brillait


dans la rue à cette hauteur attira mon attention et, sans


que je sus comment ni pourquoi, mon esprit s’envola

vers lui au point que je fus si proche de la fenêtre

grand-ouverte qu’il me fut possible de voir tout

le côté du trottoir sur lequel elle donnait.
Il ne m’est resté aucun souvenir de ce qui a
pu se passer par la suite, mais il est probable
que j’ai dû rentrer chez moi en me rendant
compte un peu trop tard que, boire un thé chez OS
ne signifiait pas boire du thé tout court.

Il y a avait naturellement ajouté quelque drogue et
croyait que ML m’avait mis au courant, aussi n’y fis-je
jamais allusion par la suite, étant donné que j’avais enfin
compris la raison du comportement bizarre de chacun
de nous ce soir-là et que je devais faire plus tard un tas
de trips plus  extraordinaires avec OS.  


En m’en approchant davantage, je m’aperçus


sans étonnement que je flottais dans l’air à l’horizontale


et que, sans transition aucune, je m’envolais très lentement


à travers son embrasure et  par dessus son rebord. 





Peu après, je fus à l’extérieur, à hauteur

de ce premier étage dont j’observai attentivement la

façade  et je flottai à le toucher tout près de ce réverbère

qui m’était si familier pour l’avoir déjà vu tant de fois auparavant.


Il était, comme toujours, placé au même endroit du

trottoir, entre cette fenêtre et la vaste porte de cet immeuble.

Avec une netteté extraordinaire, je pus voir en dessous de
 
moi le pavage du trottoir qui était fait de petites pierres

grises et cubiques, ainsi que les minuscules granulés

de cailloux et la poussière que les voitures projetaient

sur eux à chacun de leurs passages.



J’aperçus les mêmes petits bassins de verdure qui

étaient aménagés au pied des façades de cet immeuble

et des maisons voisines.

La rue elle-même était pavée à cet endroit et

une herbe minuscule avait poussé entre

les jointures de ses pavés gris clair.

 

Une mince couche de poussière recouvrait

le tout et la lumière que projetait le

réverbère teintait le vert du feuillage

des arbres - qui bordaient l’autre côté de

la rue - d’un reflet métallique gris-bleu.

Mon esprit clair et serein reconnut et admit

cette addition logique de ces couleurs

superposées dans cette semi-obscurité.

 
Le cœur tranquille, j’appréciai avec volupté

la douce tiédeur de cette nuit en flottant

lentement à proximité du réverbère.

Ensuite, je pivotai lentement sur moi-même et

fis de nouveau face à la fenêtre, puis,

en l’approchant très lentement, j’eus tout le

loisir de revoir l’intérieur du salon que je

venais de quitter par la voie des airs,

avec sa table et ses chaise et son ameublement

qui baignaient dans la même clarté blafarde.

 
Enfin je m’engageai à demi dans l’embrasure

de la fenêtre et me retrouvai sans autre transition assis

à la même place qu’auparavant, les yeux fixés sur la fenêtre.





  (Fin)

 
 
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